Les épreuves d'attention ne testent ni l'intelligence ni la culture : elles mesurent si votre précision tient sous la pression du temps et des interruptions. Les deux sélections font passer la lecture de compteurs, où l'échelle tend un piège à chaque colonne. Le concours EPL y ajoute des comptages qu'on vient interrompre ; la sélection Cadets, l'attention 1, où tout se ressemble et où le temps manque.
Les comptages, au concours EPL
Deux tests, l'attention 2 puis l'attention 3, dix planches chacun. Attention 2 : compter le symbole affiché au-dessus de la planche parmi deux autres qui n'en diffèrent que par un détail, une direction, une marque, une aiguille d'horloge. Selon les planches, les trois se distinguent d'un coup d'œil ou se ressemblent assez pour qu'il faille regarder chaque symbole. Le compte peut aller d'une quinzaine à environ cent soixante, sans ordre. Attention 3 : compter les x le long des lignes, sauf qu'après une barre oblique ils comptent négativement jusqu'au prochain signe plus ; le total peut passer sous zéro, et ce n'est jamais simplement le nombre de x de la planche. Les deux tests se jouent avec les tâches perturbatrices : deux grilles de mots colorés interrompent chaque planche, douze secondes chacune, aux mêmes moments sur toutes les planches, et c'est ce qui rend une méthode possible. Comptez une ligne, arrêtez-vous en fin de ligne quand une grille approche, faites la grille, reprenez à la ligne suivante, faites la seconde grille, puis finissez la planche. Attention : la consigne des grilles s'inverse entre les deux tests — cocher les mots écrits dans leur propre couleur sur le premier, ceux qui ne le sont pas sur le second — et la première consigne est difficile à oublier une fois passé au second. Le temps compte dans la note, et une erreur peut coûter des points. Les deux tests vivent dans ENAC Symbol Counting. Chaque planche dispose de quatre-vingt-dix secondes. Un compte est juste ou il ne rapporte rien — 111 pour 110 ne rapporte pas — et une grille ne rapporte que si tous les mots demandés sont cochés, et aucun autre. La technique : compter par paquets de trois ou quatre plutôt qu'un à un, subvocaliser le total courant (« trois… un… cinq ») et jamais le compte brut de x, et sur l'attention 3 annuler les x de part et d'autre d'un changement de signe au lieu de tenir un total.
L'attention 1, à la sélection Cadets
Seule la sélection Cadets fait passer cette épreuve. Trois séries de cinq planches. Avant chaque série, vous mémorisez quatre caractères, un par coin, puis vous avez trois minutes pour ses cinq planches, soit environ trente-six secondes par planche. Chaque planche présente quatre grilles de caractères, une par coin, et pose la même question pour chacune : le caractère de ce coin-là figure-t-il dans cette grille ? La première série emploie des chiffres, la deuxième b, d, p et q, qui se déduisent les uns des autres par symétrie, la troisième un autre jeu de lettres, comme p, q, m et n ; chaque grille est faite des autres caractères de la série. Reconnaître une forme ne prouve donc rien : il faut lire son orientation, et prouver qu'un caractère est absent oblige à lire toute sa grille.
Deux détails décident de beaucoup de points. Les grilles ne changent pas de place d'une planche à l'autre, mais les cases de réponse, elles, se déplacent : l'ordre nord-ouest, nord-est, sud-ouest, sud-est n'est pas forcément celui que la disposition suggère : lisez l'étiquette de chaque case, pas sa position. Chaque case part sans réponse : un clic dit que le caractère n'y est pas, un second qu'il y est, et notre exercice compte une case laissée sans réponse comme fausse. Ensuite, le temps : peu de candidats terminent les quinze planches, et beaucoup n'en font que trois ou quatre par série. Décidez d'avance combien de temps une planche mérite, et finissez celles que vous commencez plutôt que d'en entamer une de plus. Les caractères sont grands et bien espacés ; la contrainte est le chrono, pas la lisibilité. Entraînez le balayage et cette décision d'arrêt avec ENAC Sustained Attention.
La lecture de compteurs
ENAC Dials Reading : un tableau de bord de huit instruments — vitesse, compte-tours, jauge de carburant, horloge, ampèremètre, pression des pneus, pression du turbo, températures — et une colonne par lecture, dix en tout. Les colonnes nomment des lectures, pas des cadrans : la jauge de pneus porte un anneau psi et un anneau bar, le thermomètre a une aiguille eau et une aiguille huile. Six colonnes proposent cinq valeurs chacune : cochez celle que montre le cadran. Les quatre autres ne contiennent que des zéros : laissez-les tranquilles. Une mauvaise valeur est loin de l'aiguille, ou porte les bons chiffres à une autre puissance de dix, si bien que le multiplicateur imprimé sur le cadran tranche souvent. Au concours EPL, la consigne du jour annonce soixante questions en six minutes : à six lectures par planche, cela fait dix planches. Les cadrans du jour ne ressemblent à ceux d'aucun entraîneur — d'autres graduations, un autre dessin — d'où la phase de consignes pendant laquelle chaque cadran est montré : profitez-en, c'est là que se lisent les bornes et le pas de chaque échelle. Nos planches regénèrent les graduations à chaque passage, pour cette raison. Notre exercice compte chaque lecture juste et ne retire rien pour une erreur, si bien qu'une planche à cinq bonnes sur six en garde cinq. Le tableau reste le même pendant toute la série et vous l'étudiez avant que l'horloge parte, car le jour J ce n'est jamais celui sur lequel vous vous êtes entraîné. Dix planches en 6:00, trente-six secondes chacune ; le piège n'est jamais l'aiguille, toujours l'échelle qu'on lit — le mauvais anneau, la mauvaise aiguille, le mauvais cadran, la virgule d'un rang.
À la sélection Cadets, la même épreuve se joue aussi en six minutes, et six à huit planches y est un résultat normal. Les propositions y sautent d'un ordre de grandeur à l'autre, de dix à dix mille ; une jauge est graduée de 15 à 95 avec un milieu à 55 ; et deux propositions peuvent ne différer que par la place de la virgule, 45 et 0,45 : c'est là que se font les erreurs. Servez-vous du temps de consigne pour vous approprier chaque cadran avant que le chrono parte, éliminez par ordre de grandeur avant de lire finement, et rappelez-vous qu'une case cochée par erreur se décoche en recliquant dessus.
Comment s'entraîner
L'attention se travaille autrement que le calcul : ce n'est pas le niveau qui monte, c'est la durée pendant laquelle il tient. Trois habitudes suffisent. Chronométrez toujours — une planche faite sans horloge ne mesure rien, puisque ces épreuves sont entièrement une affaire de débit. Placez ces séances en fin de session, après une heure d'autres exercices : le jour J, une épreuve d'attention peut tomber après des heures de tests, et la fatigue fait partie de ce qui est mesuré. Enfin, comparez votre première planche à votre dernière plutôt que votre total à celui de la veille — c'est la chute de fin de série qui coûte des points, et c'est elle qui recule quand l'entraînement paie.