Le tangram est une épreuve de la sélection Cadets, au matin du PSY1 ; au concours EPL, il n'est plus posé depuis plusieurs années, mais il fait partie des épreuves qui peuvent revenir. Le nom est trompeur : on n'assemble rien et on ne replie rien. Une mosaïque de seize cases en quatre sur quatre est remplie de dix formes différentes, et vous dites combien de cases portent chacune d'elles. Tout le reste de l'épreuve tient dans une seule difficulté : il n'y a ni quadrillage ni cadre, donc les formes voisines fusionnent en une seule silhouette noire et il faut retrouver soi-même où tombent les bords des cases.
Ce que la planche demande
Seize cases en quatre sur quatre, et dix formes : le carré plein, le carré vide, quatre demi-carrés remplis en haut, en bas, à gauche ou à droite, et quatre triangles, un par coin de la case.
Un champ par forme, et chaque champ attend un chiffre : une forme absente vaut 0, et un champ laissé vide n'est pas lu comme un zéro. C'est la faute la plus coûteuse de l'épreuve.
Vos dix comptes doivent faire seize. C'est le seul contrôle gratuit dont vous disposez : faites-le à chaque planche.
L'ordre des champs change d'une planche à l'autre, donc la mémoire des doigts ne sert à rien.
Un seul chrono de dix minutes couvre les vingt-quatre planches, et la pile est plus longue que le temps accordé. Presque personne ne va au bout.
Les deux pièges
Deux demi-carrés qui se touchent par leur bord commun forment un carré noir parfait, posé entre deux cases : il se lit comme un carré plein qui n'existe pas, et c'est de loin la première cause de planches perdues. Le second piège est la famille des demi-carrés elle-même, surtout gauche contre droite, qui se camouflent dans une grande zone noire ; on les tranche par le voisinage, pas en fixant la case. Enfin, beaucoup de planches sont symétriques : sur celles-là, souvenez-vous que le miroir envoie une forme sur son opposée et non sur elle-même : un demi-carré gauche répond à un demi-carré droit et les triangles changent de coin. Se tromper de forme dans le miroir double l'erreur au lieu de diviser le travail par deux. Une planche symétrique selon les deux axes est faite de quatre copies d'un même quart : chaque forme de ce quart compte pour quatre cases, une dans chaque quart.
Ce que vous pouvez travailler ici
Deux méthodes s'opposent et elles n'échangent pas la même chose. Balayer forme par forme, tous les triangles puis les carrés puis les barres, va vite mais vous oblige à tenir plusieurs totaux en tête, et un seul faux compte contamine en silence tout ce qui en découle. Parcourir la grille case par case et ajouter un au champ correspondant au fur et à mesure ne demande de retenir strictement rien, donne toujours un total de seize et ne tombe jamais dans le piège des deux moitiés ; en échange, cela coûte une seizaine de frappes par planche, donc la vitesse vient des mains et non des yeux. La plupart des candidats sont plus rapides et bien plus justes de la seconde façon, une minorité non, et la seule manière de savoir de quel côté vous êtes est d'essayer les deux. ENAC Mosaic Count reproduit le format du jour, la saisie libre, avec vingt-quatre planches sur un seul chrono. Un mode sans chrono corrige chaque planche au fur et à mesure. À la fin, chaque planche revient avec ses cases tracées, vos comptes et les bons. Le bilan compte aussi les planches dont les comptes n'ont pas fait seize et les formes que vous avez mal comptées.